
Le terme kilim signifie en turc « Tapis tissé à plat ». Ce terme recouvre plus largement les tissages double face, réversibles, utilisés à l’origine à des fins domestiques. L’art du kilim, les techniques du filage de la laine, du tissage et la confection des teintures, sont restées les mêmes depuis des millénaires.
Tissés par des nomades, les kilims avaient des fonctions utilitaires : Tapis de sols, entrées de tente, tentures pour diviser les yourtes, tapis de table (soffreh), couvertures, selles de cheval, sacs, couvertures de coffre (maffrash)...
Chaque tribu possède son langage, ses motifs, ses couleurs : La symbolique des kilims ne doit rien au hasard mais s’ancre dans une tradition qui permet à des populations souvent isolées ou déracinées de conserver leur identité. Cet art à part entière est le travail en général, des femmes, dépositaires des traditions, garantes de la cohésion familiale et de la perpétuation du groupe, elles créent, bien au-delà des éléments décoratifs domestiques, des œuvres abstraites et profondes, un « univers des formes » qui conservent cette mémoire des signes ancestraux